mardi, 22 août 2017

Le syndrôme de l'Intestin irritable, enfin pris au sérieux ?

Un régime alimentaire pauvre en FODMAPS pourrait améliorer la vie des nombreuses personnes atteintes par un trouble digestif commun mais sans traitement, le syndrome de l’intestin irritable (SII).

 

Le SII, une fatalité ?

Une nouvelle étude coordonnée par le Docteur Shanti Eswaran (département de gastro-entérologie, Université du Michigan) rapporte les effets bénéfiques d’un régime pauvre en FODMAPs sur le syndrôme du côlon irritable.
Les FODMAPs (Fermentescibles,Oligosaccharides Disaccharides Monosaccharides And Polyols) sont des glucides à courte chaîne qui sont peu absorbés par le petit intestin, ils sont alors fermentés en gaz dans le côlon, faisant gonfler le ventre. Ils sont présents dans certains végétaux riches en prébiotiques (fibres) comme l'oignon, l'artichaut, le chou ou le blé. Le blé contient du gluten mais aussi des FODMAPs, c’est pourquoi certaines personnes voient leurs symptômes s’améliorer en arrêtant de consommer du blé. Elles penseraient alors, à tort, que le gluten est à l'origine des symptômes.

Le SII, définition :

Le SII est une maladie chronique fréquente (10% de la population serait touchée) qui nuit grandement à la qualité de vie. Les personnes atteintes subissent une alternance d'épisodes de diarrhée et de constipation tout en ayant des douleurs abdominales récidivantes (crampes intestinales, ballonnements et/ou flatulences). Les traitements reposent sur des médicaments souvent onéreux et qui, en plus d’être inefficaces, ont des effets secondaires gênants.

Une expérimentation prometteuse

Dans cette nouvelle étude, après 2 semaines exploratoires, les chercheurs ont séparé un groupe de patients (92 exactement dont 65 femmes de 42 ans d’âge moyen) souffrant de symptômes sévères du syndrome du côlon irritable en deux :
- Un groupe avec une alimentation limitant les irritants comme le café, l’alcool, les repas copieux, appelé groupe “NICE”.
- Un groupe suivant un régime pauvre en FODMAPs.


Les premiers résultats du Dc Eswaran

Parmi le groupe “NICE”, 20% des patients ont vu leur état s’améliorer contre 50% dans le groupe FODMAPs. De plus, le régime pauvre en FODMAPs a diminué les symptômes gênants chez 61% des participants contre 27% dans le groupe “NICE” comme les ballonnements, les diarrhées ou les envies pressantes d'aller aux toilettes.
Actuellement, cette étude est encore "la seule étude clinique méthodiquement rigoureuse qui montre qu’un régime pauvre en FODMAPs non seulement améliore les symptômes, mais aussi la qualité de vie des patients souffrant du syndrome du côlon irritable" affirme le Dr Shanti Eswaran.


L’APSSI

Sous l’égide de l’APSSII, coordonnée par le Professeur Sabaté, gastro-entérologue à l’Hôpital Avicenne en collaboration avec ALANTAYA, la première expérimentation française qui tend à démontrer le rôle de l’alimentation dans la survenue ou l’aggravation des symptômes du syndrôme de l’intestin irritable est actuellement en cours. Les premiers résultats sont attendus pour 2018.