mardi, 25 avril 2017

Tous intolérants ? Régime "sans", Info ou intox ?

Pas une semaine sans un nouvel article vantant le nouveau régime “sans”. Encore récemment, seuls les magasins diététiques ou bio avaient un rayon dédié aux aliments spécifiques « sans ». Aujourd’hui, chaque supermarché dispose de quelques références estampillées « sans ».
Qu’en est-il vraiment ? Autrefois allergique, maintenant intolérant : pas si simple… C’est pourquoi quelques explications s’imposent…

Allergique ou intolérant : qui êtes-vous vraiment ?

L’allergie alimentaire : une galère diagnostiquée

L’allergie alimentaire est une réaction à une protéine constitutive d’un aliment provoquant la synthèse d’immunoglobuline de type E (IgE) et impliquant des globules blancs spécifiques : les éosinophiles.
De simple réaction inflammatoire dermatologique (rougeur, urticaire…), respiratoire (rhinite, éternuement, asthmatique…), digestive (douleur, diarrhée, constipation…), l’allergie alimentaire peut-être extrêmement grave allant jusqu’au choc anaphylactique potentiellement mortel sans prise en charge médicale d’urgence.

Après un premier contact avec un virus ou une bactérie, notre système immunitaire identifie l’intrus grâce à des marqueurs protéiques très sophistiqués. Il pourra ensuite être hyper-réactif si l’intrus venait à se représenter. Comme pour l’allergie alimentaire, des globules blancs sont impliqués mais il s’agit des macrophages, des lymphocytes NK… Les acteurs immunitaires sont donc différents.
On pourrait croire que les deux mécanismes sont les mêmes mais il y a une différence de taille : vous n’êtes pas exposé au virus de la grippe ou au Staphylocoque doré au quotidien. Par contre, vous êtes obligé de vous nourrir tous les jours et même plusieurs fois par jours.

La personne allergique est diagnostiquée par un allergologue et sera astreinte à un régime d’exclusion du ou des aliments sources d’allergènes à vie. Pour les allergies les plus fréquentes (œufs, lait ou protéines dérivées, fruits à coque, produits de la mer), la recherche d’allergie est souvent faite précocement dès la diversification alimentaire du jeune enfant.

L’intolérant : de l’ombre à la lumière

Longtemps ignorée voire qualifiée de psychosomatique par le corps médical, l’intolérance alimentaire est plus « subtile ». Alors que l’allergie est clairement identifiée par un dosage des IgE, l’intolérance alimentaire provoque un état inflammatoire avec synthèse de prostaglandines et fait intervenir d’autres immunoglobulines : les IgG.
Et tout est dans le diagnostic ! De nombreux laboratoires proposent leurs propres dosages mais, sans consensus, ils restent sujets à caution…

Face à un ensemble de troubles qui s’apparentent à ceux des allergies mais qui n’en sont pas et qui deviennent invalidantes, de nombreuses personnes partent « en quête » du/des responsables de leurs problèmes. Et tentent le régime « sans » : « sans gluten », « sans caséine », « sans protéines de lait de vache », « sans œuf » … Et constatent souvent une amélioration de leur état de santé, de leur vitalité, de leur performances intellectuelles.

Point positif, le nombre croissant de personnes souffrant d’intolérance alimentaire étant en progression constante, des études ont été menées et les résultats sont encourageants. Ainsi, l’une d’elle a montré une amélioration des troubles digestifs sur un panel de patient non diagnostiqué Cœliaque ou allergique au blé ou au gluten ayant suivi un régime sans gluten par rapport au groupe témoin qui n’a pas suivi de régime sans gluten…

Point négatif, le nombre croissant de personnes souffrant d’intolérance alimentaire…

Le cercle vicieux de l’intolérance alimentaire….

À bas bruit

Avant de penser à une possible intolérance alimentaire ou même à envisager cette éventualité, il peut se passer des mois voire des années.
Des petits inconforts font progressivement leur apparition, mais rien de grave. Puis des douleurs plus chroniques et pas nécessairement digestives, une fatigue toujours plus difficile à gérer et à expliquer voient le jour.

Lors d’un voyage à l’étranger, de vacances où les habitudes alimentaires sont bouleversées, les symptômes peuvent parfois diminuer, voire même disparaître. Pour réapparaitre lors du « retour » à la vie normale. L’écoute de son corps et de ses manifestations peut alors amener à se demander si notre alimentation ne serait pas une piste à suivre.

« Tout est poison, rien n’est poison, tout est dans la dose »

En moyenne, les repas s’articulent autour d’un nombre d’aliments très limité malgré la profusion de choix que nous offre à présent l’offre alimentaire. Si un seul aliment pose problème, il y a fort à parier qu’il est consommé quotidiennement, depuis des années sans même se poser la question de sa possible nocivité pour notre santé.

C’est notre système digestif dans son intégralité et en particulier nos intestins qui assurent la bonne utilisation des aliments que nous consommons. Les intestins ont la particularité d’assurer la bonne assimilation de leurs composants : acides aminés issus de la dégradation des protéines, sucres issus des glucides, acides gras des lipides, vitamines, minéraux et oligo-éléments… Une machine complexe qui possède une structure complexe pour mener à bien sa mission : la barrière intestinale.
Hélas, en cas d’intolérance, certains composants de l’aliment ou des aliments responsable(s) deviennent très irritants pour la barrière intestinale. Elle se fragilise et devient poreuse. Blessée, elle essaie de se réparer mais y parvient de moins en moins bien. Une inflammation à bas bruit s’installe. L’assimilation des nutriments se dégrade… tout comme l’état de santé de l’intolérant.

Alors bientôt tous « sans » ?

À la mode dans les médias et dans vos magazines

Depuis plusieurs années, déjà, de nombreuses stars du cinéma ou athlètes font l’apologie de leur régime « sans ». Tous ont pu constater une perte de poids, une diminution de la fatigue et des troubles chroniques surtout digestifs et inflammatoires, une amélioration de leur état de santé.
Pour autant, sont-ils tous intolérants aux aliments éliminés dans leurs régimes : pas nécessairement ! Mais ce sont des êtres humains modernes et donc soumis aux mêmes problématiques que nous. Plus soucieux de leur image ou de leurs performances, ils sont donc plus attentifs à leur outil de « travail » : leur corps et ont anticipé une réelle problématique de santé : cette intolérance alimentaire qui nous guette !

L’éducation nutritionnelle comme solution plutôt que l’éviction

Les principales intolérances alimentaires sont celles au gluten et aux protéines de lait de vache, des incontournables de notre alimentation moderne…

Le gluten est un ensemble de protéines que l’on trouve dans certaines céréales dont le blé et ses dérivés (froment, épeautre ; pâtes, pain, semoule…), le seigle, l’orge et l’avoine.
Les protéines de lait de vache sont présentes dans tous les produits laitiers dérivés : lait, fromage, yaourt, fromage blanc, dessert lacté…

Les alternatives sont pourtant nombreuses et c’est dès le plus jeune âge qu’il faut les proposer. Diversifier, varier, il y a tant de possibilités.
Pensez au riz, au maïs, au sarrasin (le blé noir des galettes bretonnes et des crozets savoyards), aux pommes de terre, aux légumineuses. Les enfants adorent les pois cassés…
Pensez au lait de chèvre ou de brebis !

Faîtes des rotations, suivez les saisons, retournez au marché ! Et si vous manquez d’inspiration, suivez les menus ALANTAYA.

 

1. « Les Allergies alimentaires » - Fabienne RANCÉ, Guy DUTAU ; éditions Expansion Scientifique Santé

2. « L’Immuno-nutrition : se nourrir selon son immunité » - Dr Dominique RUEFF ; éditions François-Xavier De Guibert

3. « Les clés de l’alimentation santé : Intolérances alimentaires et inflammation chronique » - Dr Michel Lallement; éditions Mosaïque Santé

4. « Changez d’alimentation » - Pr Henry JOYEUX ; éditions du Rocher

5. « L’Alimentation ou la 3ème médecine » » - Dr Jean SEIGNALET ; éditions François-Xavier De Guibert

6. « Glouton de gluten » - Taty LAWERS

7. Revue Alternative Santé

8. « Small Amounts of Gluten in Subjects With Suspected Nonceliac Gluten Sensitivity: A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled,
Cross-Over Trial. » - Di Sabatino A, Volta U, Salvatore C, Biancheri P, Caio G, De Giorgio R, Di Stefano M, Corazza GR. ; Clin Gastroenterol Hepatol. 2015 Sep;13(9):1604-12.e3. doi: 10.1016/j.cgh.2015.01.029. Epub 2015 Feb 19.

 

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